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EXEMPLE EN EMPLOYANT LA GRANDE PÉDALE.

\new PianoStaff <<
  \new Staff = "right" <<
    \relative c'''' {
      \key es \major
      r8 g16 es bes g es' bes r8 g'16 es d g, es bes
      r8 f''16 d as' f d bes r8 bes'16 as g f es d
      c bes as g f es d c bes as g f es d c bes es1
    }
    \\
    \relative c'' {
      \key es \major
      bes2\sustainOn es4. g,8
      as2\sustainOff\sustainOn f'4. g8
      as\sustainOff bes,4 as8 f bes,4 as8 g1
      \bar "|."
    }
  >>
  \new Staff = "left" {
    \clef bass <<
      \relative c' {
        \override Rest #'style = #'classical
        \key es \major
        r4 g bes es
        r d, bes' d
        d,, f bes d
        es1
        \bar "|."
      }
      \\
      \relative c, {
        \key es \major
        es1 bes d2 bes' <es, bes'>1
      }
    >>
  }
>>

Le signe Music-pedalup.svg indique qu’il faut remettre les étouffoirs en quittant la Pédale ; on le place aussi souvent qu’on peut au moment l’harmonie change, afin d’empêcher que la vibration des notes du dernier accord ne se prolonge pendant l’accord suivant. Eu égard à cette prolongation excessive du son de chaque note, il faut le plus possible, lorsqu’on emploie la grande Pédale, éviter les appogiatures altérées et les notes de passage dans le médium de l’instrument, car ces notes se prolongeant comme les autres et s’introduisant par là dans l’harmonie, à laquelle cependant elles sont étrangères, produisent d’intolérables discordances. Dans l’extrémité supérieure du clavier seulement où les cordes très courtes résonnent moins longtemps, ces broderies mélodiques sont praticables.

On fait quelquefois les mains se croiser, soit en obligeant la main droite à passer au dessous de la gauche, soit en faisant la gauche passer au-dessus de la droite.

EXEMPLE.

\new PianoStaff <<
  \new Staff = "right" <<
    \relative c'' {
      \override Rest #'style = #'classical
      \tempo "Largo."
      \key a \major
      e2 d
      \stemNeutral
      <a cis>8 e
      \clef bass
      \afterGrace g,,4\trill { fis16[ g] } fis8 f e d
      cis cis'-^ r4 r8
      \clef treble e'-^ a-^ cis-^
      <e, a cis e>8..\f cis32\p e8 a <a cis>8..( <b d>32)
      <e, gis b>8.. <a cis>32
      <d, gis b>2( <cis a'>4) r
      \bar "|."
    }
    \\
    \relative c' {
      \override Rest #'style = #'classical
      \key a \major
      <e a cis>16\f r8. <a cis>4\p( <e gis b>16)\f r8. s4
      s1*4
      \bar "|."
    }
  >>
  \new Staff = "left" {
    \clef bass <<
      \relative c, {
        \override Rest #'style = #'classical
        \key a \major
        \stemNeutral
        <a a'>16\f\noBeam <cis'' e>\p( <b d> <a cis>) <a, a'>\noBeam
        \clef treble <cis''' e>( <b d> <a cis>)
        \clef bass <e,,, e'>\f\noBeam <b'' d>( <a cis> <gis b>) e\noBeam
        \clef treble <b''' d>( <a cis> <gis b>)
        \clef bass r4 r8 b,,,16 cis <d a'>4 <b gis'>
        <e gis>4 e8-^ gis-^ cis16-^ b a gis fis eis fis a
        e!8.. cis32 e8 a e16 r
        \clef treble e''16 r
        \clef bass e,, r
        \clef treble e'' r
        \clef bass a,,,\sustainOn r
        \clef treble e'''4(\trill \times 4/6 { dis32\sustainOff e eis fis g gis } a4) r
        \bar "|."
      }
      \\
      \relative c {
        \key a \major
        s1 <a a'>2 s
        s1*3
        \bar "|."
      }
    >>
  }
>>
\midi {
  \context {
    \Score
    tempoWholesPerMinute = #(ly:make-moment 50 4)
  }
}

Le nombre des combinaisons de cette nature, entre les diverses parties exécutables sur le Piano, est fort considérable, il serait vraiment impossible de les indiquer toutes ici ; c’est en étudiant les compositions des grands virtuoses, celles de Liszt surtout, qu’on pourra se former une idée juste du point où l’art du Piano est parvenu aujourd’hui.

On y verra que les bornes du possible sur cet instrument sont inconnues, et que chaque jour, des prodiges nouveaux accomplis par les exécutants, semblent les reculer.