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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/70

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Auteurs féminins

aimée et de ce vétéran de 1870. Ses dernières paroles sont pour sa mère et sa patrie.

En jetant un regard sur ces deux pièces, Madeleine peut faire la même et fière exclamation que Cornélie, la mère des Grecques, faisait en présence de ses deux fils, et dire comme elle : « Voilà mes deux bijoux ».

De Madeleine, chroniqueuse à la Patrie, le poète Antonio Pelletier, nous dit dans son livre : Cœur et Hommes de cœur, publié en 1903 :

« Le style de cet écrivain a du jeu. Enfant gâté, il chante, pleure, a du rire, des colères d’une minute. C’est un faon qui s’élance dans la liberté de la plaine, une abeille dont le miel est agréable, un papillon dans la lande : il vole d’une fleurette à l’autre fleurette et parfume l’air en passant. Lisez ses causeries, et dites-moi, — si vous pouvez, — qu’une femme doit se taire ?

« Madeleine a des mots railleurs, de fines phrases, des idées, des manières de dire personnelles ; elle a des trouvailles plaisantes. Pourquoi ne choque-t-elle pas dans cette route difficile ? — Elle est sans affectation. Pourquoi la comprenons-nous si bien ?

— Elle a du cœur. »