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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/19

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Laure Conan

Montréalistes luttèrent, au plus fort de la guerre sauvage, la terrible guerre contre les Iroquois. Autour de Maisonneuve se groupaient le brave Lambert Closse, le major de la garnison, et Brigeac, qui mourut tragiquement, et Mlle Mance, l’héroïque infirmière de ces soldats laboureurs, et la Mère Marguerite Bourgeoys, et la poignée de braves qui défendaient, sur ce glacis, la France et le Christianisme.

« Songez maintenant aux atrocités inexpiables de cette guerre, aux dangers de chaque heure, de chaque minute, pensez à l’idéal qui les anime et les rend dignes des temps anciens de la foi. Vous goûterez alors, dans toute sa saveur, le récit de Laure Conan. Vous prendrez un singulier intérêt à voir comment la petite Mlle Moyen, dont les parents avaient été massacrés par les sauvages, fut échangée contre un chef iroquois nommé La Plume, et sauvée ainsi d’une horrible destinée. Vous n’apprendrez pas sans intérêt que le major Lambert Closse inspira dans le cœur de cette jeune fille un amour fait d’admiration pour sa bravoure, sa force et sa bonté. Vous serez heureux de savoir que le major Closse épousa Elizabeth Moyen, après qu’elle lui eut sauvé la vie. Et vous ne pourrez pas vous défendre d’une certaine émotion en apprenant la mort du brave soldat qui avait un jour quitté sa jeune femme pour reprendre le mousquet contre les Iroquois.

« Ce qui vaut surtout dans L’Oublié, nous dit à son tour M. l’abbé Camille Roy, dans l’étude qu’il en a fait dans son livre : Essais sur la littérature canadienne, c’est, outre la finesse de certains détails, l’ingéniosité de beaucoup d’analyses, la beauté d’un très grand nombre de récits, c’est la noblesse et