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dont vous avez été témoin, et auxquels vous avez eu tant de part ; mais j’attends de vous un autre service, et je compte sur votre complaisance. »

Il me fit alors diverses questions relatives à l’armée française ; il me demanda, entre autres choses, quelle était la force de cette armée, à son départ de Moscou ? Je lui dis que j’étais certain qu’elle ne s’élevait pas à plus de 123,000 hommes. « Quelle opinion Napoléon a-t-il de moi ? ajouta le prince. — Il vous craint, et ne vous appelle que le vieux renard du Nord. — Je lui ferai voir qu’il ne se trompe pas : il a dû s’apercevoir déjà que j’avais su pénétrer ses desseins. Il a voulu tenter la voie des négociations, et m’a envoyé un de ses aides-de-camp, le général Lauriston, que je connaissais déjà pour avoir été chargé d’une mission à peu près semblable auprès de la cour de Russie ; mais tant que Napoléon ne m’enverra que des diplomates de cette force, je serai toujours en mesure de faire échouer ses projets. »