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donc d’abandonner Napoléon et sa fortune.

Ce fut à Boroska que j’en trouvai l’occasion. Ayant été obligé de rétrograder afin qu’on ne me prît pas mes chevaux pour le service de l’artillerie, j’arrivai dans un village situé à quelque distance de cette ville, et où se trouvaient un grand nombre d’employés, de cantiniers et de traîneurs.

Pendant la nuit, des soldats polonais mirent le feu à plusieurs maisons. Guidés par la lueur de l’incendie, deux régimens de cosaques s’avancèrent dans cette direction, et firent un houra à quatre heures du matin. Chacun chercha, mais inutilement, son salut dans la fuite ; nous fûmes tous faits prisonniers. Au milieu du désordre produit par cette surprise, je reçus d’un cosaque un coup de lance dans le côté gauche.

Ces deux régimens de cosaques étaient commandés par le prince Kutacheff, gendre du prince Kutusow. Je fus conduit à cet officier ; il parlait très-bien français. Il m’adressa plusieurs questions, auxquelles je ré-