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péri, victimes de l’explosion du Kremlin ou de la vengeance des habitans des campagnes, qui, attirés par l’espoir du pillage, accoururent en foule, et immolèrent impitoyablement tous les Français qui n’avaient pu suivre l’armée.

Napoléon, soit pour cacher sa détresse, soit pour dérober à l’ennemi la connaissance de ses véritables projets, avait fait mettre à l’ordre du jour que tout militaire eût à faire des provisions de légumes, afin de passer l’hiver à Moscou. Les cosaques s’avançaient tous les jours jusqu’aux portes de la ville, et inquiétaient les détachemens qui allaient aux fourrages. Napoléon était obligé d’envoyer des corps de sa garde pour leur donner la chasse et faciliter les approvisionnemens. Dans ces expéditions, le colonel Rateau, dont j’ai déjà parlé, fut attiré dans une embuscade. Il avait trois cents dragons, et, ne voyant devant lui que cent cinquante cosaques qui avaient l’air de battre en retraite, il continua de s’avancer, et se trouva bientôt cerné par