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Un jour, qu’il accompagnait lui-même les fourrageurs, il tomba dans une embuscade, et faillit être fait prisonnier. Sa cavalerie s’était avancée à une distance assez considérable, protégée, selon l’usage, par un détachement d’infanterie et trois pièces de canon. Des cosaques vinrent l’attaquer, et il s’ensuivit une légère escarmouche. La cavalerie française continuait de se porter en avant, lorsque tout-à-coup plusieurs corps d’infanterie russe débouchèrent dans la plaine des deux côtés opposés. Surprise par cette attaque imprévue, notre cavalerie ne put opposer qu’une faible résistance, et fut mise en pleine déroute.

Les Français blessés dans cette rencontre furent conduits à Moscou par MM. Lecomte, commissaire des guerres adjoint, et Lavallée, aide garde-magasin au Ier régiment de cuirassiers. Ces malheureux, arrivés à Moscou, restèrent près de vingt-quatre heures dans les rues et dans les charrettes qui avaient servi à les transporter, avant de pouvoir être admis dans un hôpital. Lors-