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nocentes victimes de leur attachement à Napoléon. Une dame Aubert fut la première qui, oubliant tout ce qu’elle devait au gouvernement russe, s’empressa de manifester hautement son enthousiasme pour le conquérant. Cette femme, dont le mari avait été déporté à Samberki, possédait un des plus beaux magasins de l’Europe en objets de curiosité et en porcelaines de Sèvres et de la Chine ; elle avait amassé une fortune considérable. Pendant le séjour des Français à Moscou, elle témoigna la joie la plus vive, et logea chez elle les généraux de Lagrange, dont l’un était, à cette époque, général de brigade commandant le douzième régiment de cuirassiers, et l’autre, aide-de-camp de Napoléon. Au moment du départ, elle réalisa une somme d’environ 30,000 francs, et suivit l’armée dans sa retraite. Mais, quoiqu’elle accompagnât l’état-major, elle fut pillée par les Français eux-mêmes, et ensuite faite prisonnière par les Russes. J’appris, pendant mon séjour en Russie, qu’elle avait péri mi-