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lieux où il se trouvait, afin de s’assurer qu’il ne courait aucun danger. Les dragons de sa garde, dans une de ces alertes, hésitaient de monter à cheval ; le colonel Rateau alla sur eux à coups de sabre. J’étais présent. Il revint, et me dit : « Ces b…-là ne se battraient pas ! » J’avais fait connaissance avec cet estimable officier dans un bivouac. Napoléon ne se confiait qu’à sa garde ; elle seule faisait le service au Kremlin ; et quand il sortait, il était toujours environné d’un fort détachement.

Les soldats trouvèrent à Moscou une quantité prodigieuse de pièces de monnaie appelées Copecks ; elles sont d’un excellent cuivre, très-lourdes et très-bien frappées. Il y aurait un très-grand avantage à les réduire en barres et à les vendre comme métal ; mais ce genre de fraude n’est pas connu en Russie. Nos soldats les ramassaient et cherchaient à les échanger, soit contre des provisions, soit contre des pièces de monnaie moins difficiles à transporter. On trouva aussi beaucoup de