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tant d’autres de mes malheureux compatriotes, dans les champs de la Russie. » Combien j’ai entendu d’officiers et de soldats exprimer les mêmes regrets et les mêmes prédictions, et maudire l’auteur de cette guerre désastreuse !

Ce ne fut que le 9 septembre, que l’avant-garde française s’empara de Mojaïsk. Napoléon y fit transporter aussitôt son quartier-général. Cette ville n’éprouva que quelques incendies partiels, qui causèrent peu de ravages. On y trouva plus de dix mille blessés russes qui encombraient les maisons et les églises. On chassa ces infortunés pour faire place aux blessés français, qui arrivèrent en foule, et cette mesure, commandée par la nécessité, fut cause qu’ils expirèrent presque tous en proie aux plus horribles souffrances, et dans un dénuement absolu.

Napoléon s’arrête quelques jours à Mojaïsk. Ce repos, utile à son armée, lui était personnellement nécessaire pour se guérir d’un rhume dont il était fortement incom-