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chirurgiens manquaient ; l’armée était en outre dépourvue d’objets pharmaceutiques ; une partie de ces infortunés, réduits à attendre long-temps un premier pansement, privés d’alimens, et n’ayant pas même de la paille pour reposer leurs membres mutilés, et exténués par le besoin, gémissait en proie aux plus vives souffrances. Bientôt une épidémie, causée par l’infection des cadavres gisant autour de la ville, et jusque dans les maisons, moissonna la plus grande partie de ces tristes victimes des fureurs de la guerre.

Depuis Smolensk jusqu’à Moscou on découvre de vastes plaines qui, à cette époque, étaient encore couvertes, par intervalles, de riches moissons. Il y a beaucoup de taillis où croît une herbe épaisse, dont on fait du foin.

Les prairies y sont très-rares, ou plutôt il n’y en a aucune.

Pendant ce trajet, qui est de quatre-vingt-dix lieues au moins, l’armée vécut constamment de maraudes. Deux escadrons, l’un de