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mée qu’avait commandée M. de Bourmont. Ce fut un coup de théâtre superbe. Clément-de-Ris rentre dans son salon, la sensibilité peinte sur la figure, et dit à l’honorable assemblée : « Voilà le jour de réunion de tous les partis : ma femme, mes enfans, savez-vous ce que sont ces messieurs ? Ce sont des officiers royalistes. » Sa famille ne dit pas ce qu’elle en pensait, mais le préfet, le maire de Bléré, et toute l’élite des révolutionnaires, qui était là, faisaient une grimace des plus comiques. La foule s’écoula, nous restâmes en famille avec le lieutenant de gendarmerie de Loches et le capitaine de gendarmerie de Tours, nommé Follia. Nous partîmes le lendemain, après avoir eu la précaution d’avertir Clément-de-Ris que la prudence et peut-être quelques autres motifs devaient l’engager à ne donner aucune espèce de renseignemens, aucune suite à une affaire malheureuse, qui se terminait bien pour lui, puisqu’il retrouvait sa famille, ne payait pas les cinquante mille francs, et ne perdait au