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teurs, eux n’ayant reçu aucun ordre semblable ; et, malgré les dangers de leur position, ils résolurent de maintenir la paix tant qu’ils en auraient le pouvoir. Ces dispositions franches et généreuses, partagées par les anciens chefs principaux, n’empêchèrent pas le commissaire du Directoire d’appliquer à MM. de Turpin, de Scépeaux et d’Autichamp, la loi des otages.

M. d’Autichamp se sauva ; et madame de Turpin se mit également à l’abri en fuyant, et en faisant sept lieues à pied, en rase campagne, vers Candé. En sortant d’Angers, il lui fallut passer trois portes, que le hasard fit trouver ouvertes, sans qu’elle fût reconnue. Le hasard aussi lui fit rencontrer un exprès porteur d’une lettre du comte de Châtillon, et qui lui était adressée. Le comte lui annonçait son débarquement et son séjour en Bretagne, ajoutant que la loi des otages et toute l’agitation de la France avaient fait regarder ce moment comme favorable aux princes pour une nouvelle