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neveu. C’était comme femme suspecte et dangereuse qu’on l’avait arrêtée à cette époque.

Quelques mois après, le Directoire ordonna de la rendre à la liberté, ainsi que les autres prisonniers royalistes. Madame de Turpin, ne pouvant obtenir la levée du séquestre, se rendit fermière des biens de sa famille, et fit sa résidence à Angers. Elle y resta jusqu’au mois de septembre 1798. Depuis plus de six mois les prisons se remplissaient de prisonniers de toutes les classes. Des intrigues dont les fils sont encore inconnus, et que semblait tenir entre ses mains le commissaire du Directoire, agitaient les campagnes. Beaucoup d’anciens chefs de Chouans, persécutés, vinrent secrètement à Angers demander à MM. de Turpin ce qu’il fallait faire ; ces messieurs les engagèrent fortement à ne pas remuer ; ils les mirent en garde contre certains aventuriers qui prétendaient avoir les ordres des princes pour recommencer la guerre civile ; ils les signalèrent comme des instiga-