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confiance et la considération qu’elle s’était acquises, était seule en mesure d’apaiser les querelles, et d’obtenir justice, soit pour les personnes faussement accusées, soit pour réprimer ou prévenir les troubles toujours prêts à renaître. Beaucoup d’anciens chefs royalistes étaient absens, ou dans les prisons ; et un grand nombre d’émigrés qui n’avaient point obtenu les conditions accordées à ceux de la haute Bretagne et du bas Anjou, venaient au château d’Angrie demander à madame de Turpin son intervention, afin de participer aux mêmes avantages. Tout le monde avait besoin de sa bonté et de sa prudence ; et comme le général Hédouville lui montrait autant d’estime que d’intérêt, elle a pu être utile à une foule de royalistes, de prêtres et d’anciennes religieuses.

Elle n’en fut pas moins en butte à la méchanceté et à la calomnie ; et même, après tant de sacrifices faits au bonheur de son pays, elle fut arrêtée, ainsi que M. Charles de Turpin, son neveu, alors âgé de dix-sept ans, et