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Hoche l’accueillit avec distinction ; il applaudit à sa mission et à ses démarches. Madame de Turpin lui représenta d’abord que le vicomte de Scépeaux et les autres chefs de son parti ne pouvaient être amenés à des moyens de conciliation qu’après avoir conféré avec lui sur les conditions de la paix. « Les Chouans, répond Hoche, n’existent pas comme corps d’armée ; je ne leur reconnais point de chef ; je les regarde comme des brigands dont je verrai bientôt l’entière destruction. — Mais, répliqua madame de Turpin, les royalistes n’ont-ils pas assez fait connaître leur existence par la destruction de trois cent mille républicains ; et puisque vous les appelez chouans, ne serais-je pas forcée de nommer les républicains des bleus ? Ne serait-il pas plus convenable de parler avec estime de deux partis qui défendent avec une égale bravoure, l’un les droits de la monarchie, l’autre des usurpations ? Un capitaine tel que vous, général, aime à reconnaître la