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finissaient par disperser tous les rassemblemens. Les deux partis marchaient souvent en tirailleurs, et dans les lieux fourrés se trouvaient si près l’un de l’autre que les soldats se tiraient à bout portant. Tous les grains étaient enlevés pour l’armée républicaine. Rien ne pouvait plus arrêter la licence du soldat. Les familles des chefs royalistes n’avaient plus pour asile que les bois et les forêts. Des femmes, nées dans l’aisance, accoutumées aux superfluités du luxe, dormaient sur la terre, se cachaient sous des cabanes ouvertes aux animaux, et entendaient autour d’elles le bruit des combats et le cri des mourans. Hoche accablant l’armée de Scépeaux, ce chef assemble son conseil et décide que, pour arrêter les dévastations et gagner du temps, une suspension d’armes sera proposée. Muni de pouvoirs pour traiter, il s’adresse directement à Hoche. « Peut-être, répond ce général, êtes-vous un de ces mêmes pacificateurs qui ont déjà trompé la république ; et peut-être espérez-vous