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de Dandigné. Les Chouans y étaient embusqués. À leur première décharge, les soldats républicains lâchent le pied ; l’adjudant-général Henri veut tenir ferme avec une poignée de grenadiers, cinq chasseurs de Cassel et le capitaine Roger. Assailli de tous côtés, forcé de céder au nombre, il se replie sur le village de Dandigné ; en y entrant, il est atteint d’une balle. Bientôt affaibli par la perte de son sang, il refuse de monter à cheval et de fuir, voulant partager le sort des braves qui ne l’ont point abandonné ; tous succombent, et, lui, blessé à mort, a la douleur de voir égorger sous ses yeux soixante de ses soldats, que rien ne peut garantir de la fureur des insurgés, dont les chefs n’étaient plus écoutés. Il expire lui-même sous de nouveaux coups. L’enlèvement du convoi et le massacre de l’escorte enivrèrent les royalistes angevins qui virent bientôt grossir leur nombre : tel était l’effet que produisait dans leur parti le moindre avantage.

Mais le général Hoche, qui venait de tout