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M. de Scépeaux, après s’être rendu à la Mabilais, alla secrètement à Paris pour réclamer les conditions du traité ; il ne donna même à aucun officier connaissance des motifs de son voyage, et ne laissa aucune direction pour la conduite de son armée pendant son absence.

Cette paix de la Mabilais ne fut qu’une trève de quelques mois ou tout au plus une suspension d’armes. Ni l’absence du vicomte de Scépeaux, ni l’inaction de Charette, ni celle de Stofflet, ne retinrent les royalistes du bas Anjou. Avant même le débarquement de Quiberon, l’arrestation de Cormatin, les troubles du Morbihan et des Côtes-du-Nord, y rallumèrent l’incendie. La plupart des chefs de cantons et de paroisses, étrangers aux ruses de la politique et tenant peu à une pacification qui n’était point dans leur cœur, se hâtèrent de courir aux armes. Les districts de Châteauneuf, Beaugé, Craon et Segré, furent les premiers à prendre une attitude hostile. On y fut instruit du dé-