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leur faisaient l’accueil le plus cordial. On redoutait une rupture, et tout était tenté pour la prévenir.

Les deux délégués de la Convention, Bezard et Delaunay d’Angers, après avoir pris à Segré les arrangemens nécessaires pour le moment, et pleins de confiance dans madame de Turpin, la prièrent de se trouver à Rennes lors de l’assemblée générale des chefs royalistes de Bretagne, ce qu’elle refusa, en alléguant qu’elle ne connaissait pas d’autres chefs que ceux qui tenaient à sa province et à sa famille.

Cependant, plusieurs officiers royalistes s’autorisaient, pour rompre les préliminaires de paix, de quelques infractions partielles impossibles à prévenir ou à empêcher ; la plupart des paysans connus sous le nom de chouans refusaient même de poser les armes. Ce fut sous ces auspices que s’ouvrirent les conférences de la Mabilais, près Rennes. Ce qui s’y passa tient à l’histoire générale ; il nous suffira de dire que l’armée royale du