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La réputation de Charette et son voisinage de Nantes les décidèrent à s’adresser d’abord à lui dans la vue, d’ailleurs, de l’isoler encore davantage de Stofflet. Avant de lui faire aucune ouverture, ils envoyèrent vers les limites du pays insurgé des personnes connues par leurs opinions mitigées et conciliatrices, qui, sans être royalistes, avaient eu à souffrir de la révolution, et auxquelles il était à peu près indifférent qu’on eût un roi ou une république, pourvu qu’on pût vivre tranquille. Elles annoncèrent partout sur leur passage, elles écrivirent dans la Vendée que tout tendait au rétablissement de l’ordre, et qu’on arriverait avant peu au régime monarchique. Leurs assertions ainsi propagées s’accréditèrent. En même temps les commissaires de la Convention à Nantes, Angers, Saumur, Fontenay, ouvraient les prisons à une multitude de personnes détenues pour cause de royalisme, et délivraient des certificats d’amnistie à celles qui déclaraient avoir participé à l’insurrection. Ils intéressaient ainsi au système paci-