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solument contraires à ses intentions et à ses principes.

Dans les commencemens de notre établissement à Mittau, quand, d’après l’horreur de Paul Ier pour les patriotes français, les barrières de son empire étaient tellement fermées, que qui que ce fût ne pouvait les franchir sans un passe-port signé de l’empereur, n’ai-je pas vu passer une femme affreuse, une actrice nommée C***, qui avait été déesse de la Raison à Lyon ; ne l’ai-je pas vue avec son mari, l’un des plus fougueux jacobins, ne les ai-je pas vus traverser Mittau, et aller à Pétersbourg, où ils étaient mandé ? Le cri d’indignation de tous les Français, dont plusieurs les reconnurent, quoiqu’ils cherchassent à se déguiser, fut général. Il fut porté à M. de Leendorf, gouverneur de Mittau, qui, lui-même indigné, en rendit compte à l’empereur. Cette femme n’en fut pas moins bien reçue dans sa capitale ; elle y fit les beaux jours, devint la maîtresse de Kouteizow, qui, de barbier de son maître, en était devenu le