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Le Roi, très-affecté, prit toute sorte de précautions pour apprendre cette affreuse nouvelle à son auguste nièce. Le 4 mars, à sept heures et demie du matin, les illustres voyageurs partirent de Pultusk, et passèrent la Narew dans le bac, à un quart de mille de Nierzbion ; ils furent déjeûner à Niéporent, à quatre milles et demi de Pultusk, et arrivèrent à six heures au faubourg de Prag, où Sa Majesté fut obligée de coucher.

Arrivé à Prag avant le Roi, il m’avait été impossible de me rendre à Varsovie à cause de la débâcle de la Vistule, qu’on attendait d’un moment à l’autre ; j’étais donc resté à Prag, et j’y vis arriver le Roi. C’est dans ce moment que, donnant la main à Madame pour monter dans son appartement, Son Altesse Royale me dit : « Ah mon Dieu ! ce pauvre abbé est mort ! » La princesse, sensiblement affectée de cet événement, en ignorait encore les circonstances. La débâcle ayant eu lieu le même jour à midi, rendit le passage de la Vistule impossible.