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s’écria Madame, me voilà encore réservée pour le mauvais côté ! — Vous avez raison, mon enfant, reprit le Roi, c’est pour moi seul que doit être le malheur ; duc de Fleury, si les choses vont mal, vous viendrez de mon côté. » M. le duc de Fleury partit à cheval avec le baron de Sass, qui voulut l’accompagner. Il trouva tout dans les meilleures dispositions ; et ce fut avec un plaisir difficile à rendre, que nous le vîmes se présenter à la portière de Madame. À l’arrivée du Roi, la troupe du corps-de-garde, avec son drapeau, prit les armes, et rendit au Roi les honneurs dus à la majesté royale.

Le jeune baron de Sass, qui avait obtenu la permission d’accompagner le Roi jusqu’à la frontière, prit congé de Sa Majesté, après s’être rendu fort utile pendant tout ce trajet. Le Roi lui en a témoigné toute sa satisfaction.

Sa Majesté avait le projet d’aller coucher ce même jour 26, à Mémel ; mais aux approches de la mer, il survint une tempête affreuse ; des