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jours traité avec les mêmes bontés. Il lui demanda de choisir celui de ses ordres qu’il voudrait porter ; mais l’abbé refusa, motivant son refus sur son caractère sacerdotal qui ne lui permettait pas de se décorer d’aucun ordre. L’Empereur lui donna une superbe et très-grande tabatière entourée de gros brillans, avec son portrait entouré de même, une des plus belles enfin qu’il put trouver dans son trésor. Il y joignit le brevet d’une pension de 500 ducats. Lorsque l’abbé Edgworth fut prendre congé de Paul Ier, il fut introduit dans son cabinet particulier. Là, seul avec l’Empereur (qui était en uniforme, avec épée, bottes, etc.) il fut fort étonné de voir le Czar mettre la main sur la garde de son épée et lui adresser la parole en ces termes : « Monsieur l’abbé, cette épée était destinée à remettre votre maître sur son trône ; mais mes alliés m’ont trahi, je ne sais plus que me venger. »

Après l’échange des ordres entre le Roi et l’Empereur, notre maître désirant laisser