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flatteuses sur leur dévoûment et sur leur fidélité au Roi et à l’honneur. Puis, nous parlant de ses projets et de ses espérances, il nous dit avec une expression qu’il est impossible de rendre : Les fidèles serviteurs du Roi… honneur et protection ; les jacobins, point de quartier. Arrivé au haut de l’escalier, M. l’abbé de Tressan lui présenta un de ses ouvrages ; le maréchal le reçut avec les démonstrations de la plus vive reconnaissance, mit le livre sur son cœur, le baisa, et le remit après à l’un de ses aides-de-camp. Tous les Français qui étaient auprès du Roi ne quittèrent pas le maréchal qu’il ne fût remonté dans sa voiture. Beaucoup même le suivirent à son hôtel ; là, après s’être déshabillé, il passa dans un cabinet, où, tout nu, il se fit arroser à plusieurs reprises d’eau froide, et s’étant vêtu d’une pelisse, il repassa dans le stube commun. Là, sur une table ronde, assez grande et sans serviettes, on lui servit un grand plat de millet, et, entre autres, un de harengs, dont lui et ses quatre aides-de-