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de l’arrivée du maréchal, sortit de son cabinet de quelques pas pour aller au devant de lui. Le maréchal mit un genou en terre, baisa avec respect l’un des pans de l’habit du Roi, et malgré les efforts de Sa Majesté qui l’embrassait et voulait le relever, il resta long-temps, la tête presque entre les jambes du Roi ; puis, dès qu’il fut relevé, Sa Majesté lui présenta monseigneur le duc d’Angoulême, dont, après une très-profonde inclination, le maréchal prit et baisa aussi les pans de l’habit. Le Roi lui témoigna sa vive douleur de ne pouvoir le suivre, partager ses dangers, et être témoin de ses succès. Le maréchal lui répondit : « Sire, laissez-moi les chasser d’Italie ; ce ne sera pas long, et je n’emploierai pas beaucoup de poudre. Je prie Votre Majesté de me permettre de lui donner rendez-vous l’année prochaine en Allemagne. » Le maréchal ne resta qu’une heure avec le Roi ; nous le reconduisîmes. Arrivé dans la salle des gardes-du-corps, et entouré d’eux, il leur adressa les paroles les plus