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la sienne. Le Roi en ayant été averti, en fit autant, et fut au-devant de sa nièce, à vingt-cinq pas de distance l’un de l’autre. La princesse se jeta à genoux dans la poussière, et, levant les bras au ciel, et fondant en larmes, se mit à crier… Mon père ! mon père ! Sire ! mon oncle ! excusez mon désordre ; elle ne put en dire davantage. Le Roi, ému aussi jusqu’aux larmes, la reçut dans ses bras, l’y retint assez long-temps presque évanouie, et enfin lui présenta monseigneur le duc d’Angoulême, qui, suffoqué de plaisir et de bonheur, ne pouvant proférer un seul mot, s’était emparé de la main de sa cousine, qu’il couvrait de baisers et de pleurs. Sa Majesté présenta à la princesse le comte d’Avaray comme son ami.

Madame Royale monta dans la voiture du Roi, et arriva ainsi à Mittau. À l’instant où elle mettait pied à terre, le Roi lui présenta M. le cardinal de Montmorency grand-aumônier de France, qui lui-même présenta M. l’abbé Edggworth, en qualité d’aumônier