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dinaire, tout ce qui pouvait faire époque, était fait pour exciter ce prince, qui ne connaissait aucune difficulté à ce qu’il entreprenait ; aussi fut-ce avec transport qu’il saisit l’idée du mariage de la fille de Louis XVI. Pour négocier cette importante affaire, le Roi envoya M. le comte d’Avaray à Pétersbourg. Paul Ier fit partir aussitôt un envoyé extraordinaire pour en faire la demande à l’empereur d’Autriche, qui, dans les circonstances politiques où il se trouvait, ne pouvait rien refuser à l’empereur Paul ; il consentit sur-le-champ au mariage, mais non sans peine. Le cabinet de Vienne avait d’autres projets qui allaient se trouver déjoués par cette union. Mgr le duc d’Angoulême dit plus d’une fois à cette époque, qu’il ne compterait sur sa cousine que lorsqu’elle serait sur le territoire russe. M. Hüe, qui accompagnait la princesse, m’a dit aussi que, pour croire à cette alliance, il ne lui avait pas suffi de voir Madame Royale sortir de Vienne, mais hors de la domination autrichienne.