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échouèrent complétement. Bernadotte, s’identifiant aux intérêts de sa nouvelle patrie, repoussa toute proposition, et pour maintenir son indépendance, il se détermina au contraire à s’unir étroitement à la Russie.

Quant à la Prusse, sa destinée était inévitable. Depuis la désastreuse bataille d’Iéna, cette monarchie, jadis si florissante, n’existait plus. Toutes ses places fortes étaient au pouvoir des troupes françaises. Le traité de Tilsitt les lui rendit, à l’exception de la ville de Dantzick ; mais cette restitution ne la mit pas en situation de rompre ses chaînes ; elle n’en resta pas moins tributaire de la France.

Sa position en 1812 n’était pas plus brillante. Cernée de tous côtés par les troupes du duché de Varsovie, par celles de Saxe et par l’armée de Davoust qui, en quelques marches, pouvait être rendu à Berlin, elle voyait encore les Français établis dans le cœur de ses États, et ne pouvait songer à secouer le joug d’une alliance qu’elle supportait depuis cinq ans. La Prusse ne pouvait se dissimuler qu’elle risquait, en cherchant à se soustraire à la coalition, d’en devenir la première victime. Elle dut en conséquence