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voyez que le coup n’est pas mortel puisque je suis debout. » Le duc de Guiche était à l’autre fenêtre de la même chambre ; le comte d’Avaray, occupé au rez-de-chaussée à expédier un courrier à l’électeur de Trèves, arriva au bruit ; voyant le Roi couvert de sang, il se jeta à ses pieds : « Mon maître, dit-il, une ligne plus bas !!!… — Mon ami, reprit le Roi, ce serait Charles X. » Cet événement, plutôt répandu dans la ville par ceux qui en étaient les auteurs, que par la victime, occasiona un soulèvement général. La régence vint à l’auberge, et le comte d’Avaray et le duc de Guiche furent obligés de lui avouer l’incognito du Roi. Pénétrée de cet attentat, elle cherchait à prendre tous les moyens pour assurer les jours de Sa Majesté. La populace ne fut pas plus tôt informée de ce qui venait de se passer, qu’elle fit craindre une révolte. Sous prétexte d’arrêter les coupables, mais bien plutôt pour faciliter leur évasion, leurs complices fermèrent les portes de la ville, de manière à ce qu’un courrier expédié à Wes-