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Au commencement de 1812, tout présageait l’explosion prochaine dont l’Europe était menacée. Les forces immenses que le conquérant avait à sa disposition annonçaient que cette explosion serait terrible. Indépendamment des ressources militaires de la France, l’Italie, Naples, la Suisse, la Hollande, les princes de la confédération du Rhin et le duché de Varsovie étaient ses alliés ou plutôt ses tributaires. À l’exception de la Russie, de l’Angleterre et de la Turquie, il ne restait en Europe d’autres puissances indépendantes que le Danemarck, l’Autriche et la Suède. Bonaparte ne négligea rien pour les attirer à son alliance.

Il n’eut pas de peine à réussir auprès du Danemarck ; mais la coopération de ce royaume ne pouvait être d’aucune utilité pour lui.

L’Autriche eût bien voulu rompre une alliance qui n’était ni dans sa politique, ni dans ses intérêts ; mais elle s’était en quelque sorte engagée, par le mariage de l’archiduchesse Marie-Louise, à faire cause commune avec la France, jusqu’à ce que les événemens vinssent lui rendre son indépendance. Elle fournit à Bonaparte trente mille hommes et soixante canons.

Les tentatives qu’il fit auprès de la Suède