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le Saint-Gothard, affronter des précipices, rien n’effraya le Roi, qui arriva heureusement en Suisse, et descendit chez le baron de Salis. Sa Majesté se rendit aussitôt à l’armée de Condé, persistant à garder le plus strict incognito, et ne conservant de ses ordres que celui de Saint-Louis. Le Roi prit aussitôt l’uniforme de l’armée avec les épaulettes de simple colonel. Son intention était de ne rester que peu de temps à l’armée, et de se rendre le plus tôt possible au milieu des braves royalistes de la Vendée. Beaucoup de gardes-du-corps avaient reçu secrètement l’ordre de se porter dans les environs de Hambourg pour l’y accompagner. Les circonstances ayant changé, et le Roi ne pouvant plus satisfaire ce besoin le plus pressant de son cœur, se trouva néanmoins très-heureux d’être avec ses fidèles gentilshommes. La cour de Vienne n’en fut pas plus tôt informée, que, par l’organe de M. le comte de Saint-Priest, elle fit pressentir le Roi sur la nécessité de quitter l’armée de Condé. On allégua à Sa