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en France, se sont fait un devoir de nous remettre les sommes que nous leur avions avancées. Si quelques-uns ne l’ont point fait, c’est qu’ils n’ont pas été assez heureux pour revoir leur patrie.

Au bout de huit jours de repos, nous quittâmes cette résidence. On nous conduisit à Jarenski, gouvernement de Wologda, où nous arrivâmes au mois de juin 1813. Avant nous, jamais aucun Français, peut-être, n’avait pénétré dans ces climats glacés. Bientôt nous y fûmes suivis d’autres prisonniers, officiers et soldats.

Il y avait beaucoup de malades parmi ces derniers ; nous leur prodiguâmes les soins les plus assidus, et nous eûmes la satisfaction de les conserver tous ; un seul périt frappé d’un coup de poignard par un tambour russe. Ils nous appelaient leurs bienfaiteurs. Après leur avoir rendu la santé, nous nous attachâmes à ranimer leur courage. Un travail réglé et une discipline sévère furent les moyens qui nous parurent les plus propres à les fa-