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L’armée française ayant évacué Moscou, les Russes ne tardèrent pas à y rentrer ; ils égorgèrent tous les blessés qu’ils trouvèrent dans les maisons, et dont le nombre s’élevait à deux mille environ. L’hôpital des Enfans-Trouvés en renfermait un nombre à peu près égal. Nous dûmes craindre qu’ils n’exerçassent un traitement semblable envers ces derniers, et nous résolûmes de nous défendre ou de mourir si nous ne pouvions obtenir une capitulation qui mît leurs jours en sûreté.

Nous parvînmes, M. Alloard et moi, à réunir environ six cents convalescens auxquels nous fournîmes les armes que nous pûmes trouver ; et ce fut ainsi que nous sauvâmes du pillage et de la mort les officiers et soldats malades. Les Russes nous attaquèrent trois fois, et trois fois ils furent repoussés. Enfin, notre courageuse résistance leur inspira des sentimens plus généreux ; le général Beckindorf nous fit proposer de mettre bas les armes en nous assurant que