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Nous fîmes à Smolensk ce que nous avions fait à Witepsk : une partie des blessés furent par nos soins enlevés du champ de bataille, et transportés dans les hôpitaux.

Deux jours après, nous faillîmes être victimes d’un incendie qui se manifesta dans la maison où nous étions logés. Nous n’eûmes que le temps de jeter nos bagages par les fenêtres, et de nous sauver.

De Smolensk nous nous dirigeâmes sur la petite ville de Mojaïsk, près de laquelle nous livrâmes à l’ennemi, le 7 septembre, la fameuse bataille dite de la Moskowa, et que les Russes ont appelée bataille de Borodino. Chemin faisant, nous rencontrâmes le frère aîné de M. Alloard, mon beau-fils, qui servait en qualité de fourrier dans un régiment de cavalerie. Il est facile de se faire une idée du plaisir qu’on éprouve en se revoyant dans un pays inconnu, où chaque jour est marqué par de nouveaux dangers. On oublie alors ses années et les fatigues pour saisir avec empressement cette lueur passagère de bon-