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du champ de bataille et dans des ravins très-profonds, afin d’en enlever les blessés qui s’y étaient traînés pour se mettre à l’abri d’un soleil brûlant, furent exécutés avec la plus minutieuse exactitude, et cependant quarante-huit heures suffirent pour que tous les blessés et tous les malades fussent rendus dans les hôpitaux de Witepsk.

Le combat que nos troupes venaient de livrer à l’ennemi n’était que le prélude de nouveaux combats et de nouveaux succès. Nous continuâmes à marcher en avant, et le 17 août nous étions maîtres de Smolensk. Mais il nous fallut acheter chèrement l’occupation de cette ville, le seul boulevard de l’empire russe sur la frontière de la Pologne. Le général Barklay de Tolly s’y était renfermé et avait fait toutes les dispositions nécessaires pour opposer une vigoureuse résistance. L’attaque commença avec un acharnement égal de part et d’autre. Les Français déployèrent cette valeur brillante qui les caractérise ; les Russes montrèrent ce sang-froid de la