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tunés, pour se soustraire à une mort qu’ils regardaient comme inévitable, soit de la part des habitans, soit de la part de l’ennemi, s’étaient retirés dans une maison abandonnée, où ils se barricadèrent. On crut que cette maison avait été fouillée ; ce ne fut qu’au bout de huit jours que le général russe apercevant de la fumée au-dessus des toits, soupçonna qu’elle était habitée ; il la fit investir, et fit enfoncer les portes. On y trouva une vingtaine de Français, tout nus, et qui ressemblaient à des spectres. Le général leur demanda depuis quand et pourquoi ils s’étaient retirés dans cette maison ; ils répondirent qu’ils y avaient été forcés par le mauvais traitement qu’ils recevaient des habitans, et par la crainte d’être victimes des troupes russes. Il leur demanda ensuite de quelle manière ils avaient pu subsister depuis huit jours qu’ils étaient ainsi privés de toute espèce de communications au dehors. Après un morne et long silence, qui annonçait le désespoir et les remords, l’un d’eux lui