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de gaîté, surtout avec l’hôtesse, s’étudiant par ses propos et ses manières à dissimuler ses désastres.

Sans l’attachement des Polonais pour Napoléon, la retraite des débris de notre armée eût été bien plus désastreuse encore. Presque tous les seigneurs recueillaient les soldats isolés, et les faisaient conduire ensuite à leurs corps respectifs.

Tout ce qui a été dit au sujet de cette retraite dans les différentes relations sur la campagne de Russie, ne peut approcher de la vérité du récit qui m’a été fait par des témoins oculaires : M. Tierce-Chit, major au 9e de ligne, domicilié à Paris, rue de l’Ante-Christ ; et M. Guiné, employé aux hôpitaux, fils d’un négociant de Beaune.

Lors du retour des Russes à Wilna, comme les Français furent repoussés par les habitans, qui craignaient de se compromettre, une grande partie des blessés et des malades, ne pouvant ni se sauver ni se défendre, fut assassinée par les Juifs. Plusieurs de ces infor-