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vait M. le chevalier de Gougeroff ; il me recommanda à ce seigneur de la manière la plus obligeante, en lui répétant plusieurs fois qu’il voulait que je fusse libre de rester chez lui aussi long-temps que cela me conviendrait. Il me donna ensuite deux lettres, l’une pour le gouverneur de Kalouga, laquelle contenait l’ordre de me faire conduire à Resen, chef-lieu du gouvernement de ce nom ; et l’autre, pour une de ses filles, qui s’était retirée dans cette ville depuis l’incendie de Moscou. « Adieu, monsieur de Beauvollier, me dit-il en me quittant, je m’estime heureux d’avoir pu vous être utile ; il ne tiendra pas à moi que vous ne revoyiez bientôt votre patrie. » Comme je me disposais à me retirer, il me rappela et me dit : « Votre Napoléon est un grand sc...... : je lui ai renvoyé cette nuit quarante Français faits prisonniers aux avant-postes ; il a refusé de les recevoir : que veut-il que j’en fasse ? Sa conduite est atroce, et vous prouve le peu de cas qu’il fait d’une nation à laquelle il doit