Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 1.djvu/97

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


vait, nous rendait mous et indolens ; les insectes nous tourmentaient et nous dévoraient. Depuis plusieurs jours je n’avais presque pas fermé l’œil quand j’arrivai au Caire ; je ne pus d’abord être couché que sur le carreau, où les mouches, les punaises, les cousins et les fourmis faisaient mon supplice. Les maladies et le fer des Arabes diminuaient tous les jours la force de notre armée. Le général en chef, pour calmer le mécontentement, promettait que des troupes viendraient bientôt nous relever. Nous crûmes généralement à cet adroit mensonge qui nous donna le temps de nous acclimater. Depuis la défaite des mameloucks, nous n’avions plus à craindre que les Égyptiens et les Arabes ; nous savions qu’ils nous portaient une haine violente. Quant aux Arabes, voleurs par profession et par institutions reçues de race en race, ils étaient indestructibles, parce qu’il était difficile de les atteindre ; il n’en était heureusement pas de même des habitans ; quelques têtes de cheiks devaient bientôt nous les sou-