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En se retirant ils avaient mis le feu à leur flottille, dont ils firent sauter les bâtimens ; ils nous avaient aussi abandonné leur camp, où nous trouvâmes près de deux cents chameaux chargés de bagages. L’armée poussa le soir même jusqu’à Gizeh ; c’était la maison de plaisance de Mourad-Bey, le premier des mameloucks. Le général en chef y vint à pied, suivi de la plupart des généraux, témoignant à tous sa satisfaction du résultat de cette brillante journée. Le quartier-général s’établit à Gizeh à neuf heures du soir ; l’armée bivouaqua sur les bords du Nil et autour des villages d’Embabeh et de Gizeh. Le général en chef ayant demandé à l’ordonnateur ce qu’il avait à donner pour vivres à nos soldats. « Votre bonheur ordinaire ! » dit-il. Je parcourus les différentes divisions, et je vis que dans toutes les soldats, se croyant sortis d’un grand danger, étaient persuadés que si l’on ne s’était pas battu en bataillon carré, l’armée aurait été détruite. «  Nous avons eu l’ennemi partout, disaient-ils, devant, der-