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prospérité et pour la conservation de vos jours, j’ai l’honneur de vous informer que depuis long-temps je connais l’attachement que vous portez à la république française, ce qui me ferait désirer de trouver le moyen de vous donner des preuves de l’estime que je vous porte. L’occasion me paraissant aujourd’hui favorable, je me suis empressé de vous écrire cette lettre amicale, et j’ai chargé un de mes aides-de-camp de vous la remettre en main propre. Je l’ai chargé aussi de vous faire certaines ouvertures de ma part[1], et comme il ne sait point votre langue, veuillez faire le choix d’un interprète fidèle et sûr pour les entretiens qu’il aura

  1. Ces ouvertures consistaient à se lier, par un traité secret avec le général Bonaparte et la république française, à s’emparer de la Macédoine, et à favoriser le soulèvement de la Grèce contre la Porte. On voit que le projet de soulever les Grecs date de cette époque, et même de plus loin ; car l’impératrice Catherine II s’en était occupée, et y avait donné les mains lorsqu’elle crut le moment propice. Mais alors, comme aujourd’hui, les Anglais se sont déclarés les soutiens du Croissant.

    (Note de l’Éditeur.)