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reprennent leurs armes, et mettent entre deux feux notre cavalerie qui est bientôt forcée de faire sa retraite ; notre infanterie n’avait pu la soutenir, étant retenue par le feu et la mitraille de l’artillerie de position et de campagne. Notre cavalerie perdit 650 hommes dans cette dernière attaque, où périrent le général Roize, qui la commandait, et le général Abercromby, général en chef de l’armée anglaise. Ce fut alors seulement que le général Menou, se voyant repoussé de toutes parts avec de grandes pertes, désespéra de battre les Anglais. En vain le général Rampon ranime les troupes, il veut avancer, mais il fait des pertes considérables, il revient avec son habit criblé de balles. Le général en chef ordonne enfin la retraite à une heure après-midi ; elle est mal exécutée, nos troupes sont foudroyées par le canon des Anglais, jusqu’à ce qu’elles soient hors de portée. Après l’affaire, des hommes furent envoyés de part et d’autre pour enterrer les morts.