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À cette époque, il y avait de l’argent en caisse ; les contributions se payaient ; le peuple était soumis ; l’armée du grand-visir venait d’être battue ; l’esprit militaire était fortifié par l’espoir que le gouvernement français aurait le temps d’envoyer des secours avant qu’une nouvelle armée fût organisée pour venir derechef nous attaquer.

Le général Menou ordonna que la solde serait alignée. En s’élevant sans cesse, dans ses ordres du jour, contre les administrations, contre les garde-magasins, qu’il qualifiait de voleurs ; contre les administrateurs sanitaires, qui calculaient, disait-il, sur le temps qu’avait à vivre un malade atteint de la peste, il crut prouver qu’il aimait le soldat, et qu’il s’occupait sans cesse de lui. Il simplifia aussi l’administration, réforma des commissaires des guerres, et d’autres employés. Ceux-ci furent forcés à s’incorporer dans les différens corps de l’armée. Menou ordonna que le riz, le bois, la viande, accordés en rations, seraient payés en argent, chaque mois, d’a-