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Je fus facilement convaincu par le raisonnement de cet habile marin qui, tué peu de temps après d’un coup de canon au combat naval d’Aboukir, mérita de partager les justes éloges donnés à la conduite de Du Petit-Thouars, son camarade. Bientôt, dans l’état-major, on ne douta plus que l’Égypte ne fût le but réel de l’expédition.

Le général en chef avait écrit de Paris à l’amiral Brueys, qu’il s’embarquerait à bord de l’Orient, qu’on eût à y faire de bonnes provisions et à lui préparer un bon lit, comme un homme qui serait malade pendant toute la traversée. Le 18, il s’embarqua avec le général Berthier, son chef d’état-major, Dufalga, commandant du génie, Dommartin, commandant d’artillerie, le commissaire ordonnateur Sucy, l’ordonnateur de la marine Leroy, le payeur-général Estève, les médecin et chirurgien en chef Desgenettes et Larrey. Le général avait aussi avec lui ses aides-de-camp Duroc, Louis Bonaparte, Croisier, Sulkousky, Julien, Eu-