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dant toute la nuit on se bat. Dans la confusion et dans l’obscurité, nos troupes se battent entre elles dans les rues.

Vers le 18, le général Kléber fait sommer la ville de se rendre, et déclare qu’à son refus, elle sera livrée aux flammes.

Les Osmanlis consentent à traiter ; un traité est même conclu. Les troupes musulmanes se disposent à évacuer ; mais les habitans, craignant une vengeance terrible de notre part, reprochent aux janissaires leur lâcheté, leur défection. Des femmes et des enfans arrêtent au milieu des rues les soldats ; ils les conjurent de rester à leur poste, et de ne pas les abandonner. Des illuminations, des prières publiques sont ordonnées. On met toutes sortes de moyens en usage pour la défense de la ville ; le feu des assiégés recommence avec une plus grande vigueur. Le cuivre des mosquées est fondu pour faire des boulets. Un forgeron fait en une nuit un mortier pour nous lancer des bombes.

La ville du Caire s’est défendue ainsi, aux