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vents frisent et arrondissent la côte, les deux frégates attendirent un coup de vent assez prononcé pour passer dans la nuit le canal de Malte sans être aperçues des croisières. Les vents alisés, qui règnent en été dans la Méditerranée, comme dans les autres mers, sont variables selon la situation des côtes. Les frégates ne tardèrent pas à trouver des vents du sud-ouest qui les forcèrent à prendre un bord vers l’Italie. Le vent changeant tout-à-coup avec l’équinoxe, les frégates essuyèrent un coup de vent du nord-est qui leur fit doubler la Sardaigne et l’île Saint-Pierre. De petits vents du sud les conduisirent en peu de jours à l’île de Corse, où après une relâche de quelques jours, utile à Bonaparte qui y eut connaissance de l’état des choses à Paris, elles appareillèrent avec un vent décidé et favorable, faisant route sur la côte de France.

À l’attérage, on aperçut l’escadre anglaise revenant du bord au large. Gantheaume voyant le danger, ordonna de virer de bord pour retourner en Corse sous la protection