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la folle prétention de faire prisonnière toute notre armée, que roulèrent probablement les négociations secrètes entre Bonaparte et Sydney-Smith. Il est de fait que par le départ opportun de l’escadre anglaise, Sydney rouvrit à Bonaparte le chemin de France ; mais il est très-vraisemblable aussi qu’il n’y aura eu qu’un accord tacite, une convention verbale. La supposition par laquelle on a prétendu que Bonaparte avait obtenu des passe-ports de Sydney-Smith me paraît absurde ; ce commodore, à moins d’un ordre spécial de son gouvernement, en aurait-il agi ainsi ? D’ailleurs les précautions même que prit Bonaparte pour esquiver les autres croisières anglaises, surtout celles qui observaient les côtes de Provence, indiquent assez qu’il n’avait d’autre sûreté que celle de trouver le passage ouvert devant le port d’Alexandrie.

Quoi qu’il en soit, à peine de retour au Caire, le général en chef envoie l’officier des guides Desnoyers à Boulacq, chez le com-