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n’était que par un brillant épisode, qui ne décidait rien sur le sort futur de l’armée.

Il est à remarquer que ce fut le combat d’Aboukir et ses conséquences qui amenèrent ou facilitèrent le départ furtif du général Bonaparte, départ qui eut lieu avant le mois révolu, et qui lui-même eut des conséquences si prodigieuses. Le moment était pour lui si opportun, qu’il pouvait arriver à Paris, comme il le disait lui-même, sur les ailes de la victoire, ce qui ne manquerait pas de pallier ce que sa démarche pourrait avoir d’irrégulier et de fautif. Mais il fallait à tout prix écarter la croisière anglaise ; la victoire d’Aboukir en facilita les moyens au général. Depuis son retour de Syrie, son projet de repasser en France était arrêté dans son esprit ; mais un mode quelconque d’exécution était ce qu’il y avait de plus difficile à trouver. Sous prétexte de traiter de l’échange des prisonniers, le général en chef dépêcha au commodore Sydney-Smith, alors devant Alexandrie, l’officier de marine Descorches-Sainte-